Les ados c'est choupi

Publié le par Anonyme

Lorsque je parle de mes ados ici, je reçois régulièrement des commentaires disant en substance "je n'ai pas hâte que mes enfants soient ados, j'aimerais qu'ils restent petits". Cela m'étonne, d'ailleurs, car je n'ai pas le sentiment de donner une image négative de cette phase, au contraire. Je me demande plutôt si ce n'est pas tout simplement le terme "adolescence" qui effraie.

 

Moi, je ne suis absolument pas nostalgique de leur petite enfance. C'était une période de leur/notre vie, une étape au même titre que les autres. J'ai adoré de nombreux aspects de ces années qu'il me semble inutile de développer car évidents. Par contre il faut être honnête, ce n'est pas si facile lorsque les gamins sont petits.

 

Les bambins pompent toute ton énergie. Il faut dire que les miens étaient particulièrement turbulents et l'Homme bossait tant que je les élevais quasiment seule, sans personne pour me soulager lorsque je n'en pouvais plus. J'ai plus d'une fois rêvé de tout planter pour aller m'installer sur une île déserte.

 

Je me souviens lorsque Fille Aînée avait de 2 ans, qu'on habitait au 2ème étage sans ascenseur, et que je les emmenais chez la nourrice, le sac à main sur l'épaule droite, le sac à langer sur la gauche, Fils Cadet dans son maxi-cosy d'un côté et Fille Aînée de l'autre. Empêtrée, il fallait ensuite tout poser sur le parking pour sortir les clés et les attacher dans la voiture. Puis tout ressortir pour monter - toujours à pied - les deux étages menant chez la nourrice. Je redescendais transpirante et échevelée, en courant, car bien sûr j'étais à la bourre.

 

Je me rappelle des pleurs la nuit : les miens, lorsqu'épuisée je donnais le biberon à Fils Cadet en espérant que ça aille vite pour que je puisse me rendormir. Les leurs aussi lorsqu'il faisaient des cauchemars. Me vient également à l'esprit une chute de Fille Aînée dans les escaliers et une soirée terriblement angoissante aux urgences - et la culpabilité qui en a suivi. 

 

Puis lorsqu'ils qu'ils couraient partout dans le magasin alors que j'essayais de remplir le caddie pour la semaine. Les caprices, les bagarres, les bêtises, les accidents-pipi, les bronchiolites. La recherche d'une assistante maternelle, la hantise qu'elle ne s'occupe pas d'eux correctement, le stress de n'être pas à l'heure le soir, la trouille qu'ils ne se brisent le cou dans les jeux du jardin public.

 

Bref, deux mots me viennent à l'esprit pour qualifier cette période : stress et épuisement.

 

Maintenant c'est autre chose.

 

Déjà ils sont autonomes. Cela semble une évidence, mais ils se lavent, s'habillent et mangent seuls. S'ils se lèvent tôt le dimanche (ce qui n'arrive à peu près jamais), ils se préparent leur petit dèj' eux-mêmes et toi tu peux dormir un peu (tu verras, c'est trop bien de ne pas errer dans ta cuisine comme un zombie à 6 heures du mat' le dimanche). Le coucher n'est plus une épreuve, terminée la litanie des trois histoires de Petit Ours Brun, bisou-maman, un verre d'eau, encore-un-bisou-maman, pipi, encore-un-bisou-oui-c'est-le-dernier-maman. Les soirées sont nettement plus détendues.

  

Par ailleurs, tu redeviens un être humain à part entière, tu n'es plus uniquement une maman (ou un papa). Tu peux de nouveau aller au cinéma voir autre chose que Bambi, tu peux aller dans un restaurant même s'ils ne proposent pas de chaise haute, tu peux aller chez Mr Bricolo et mettre deux heures à choisir ta peinture sans qu'on te dise toutes les 30 secondes " mèheuuu, on y vaaaaaa ?", tu peux avoir une gastro et vomir dans les toilettes sans être accompagnée, tu peux de nouveau  envisager un câlin coquin sans avoir une oreille tendue vers l'interphone.

 

Mais ce que je préfère à cet âge, ce sont les échanges. Et lorsque les enfants sont plus grands, c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. Bien sûr ils ont un avis assez tranché, souvent opposé au nôtre, ils sont virulents, parfois même obtus, mais on peut débattre "à égalité" (ou presque, selon l'âge). Lorsqu'on prend le temps, les repas s'éternisent et on refait le monde, on parle de l'actualité, de cinéma, de sujets de société. On essaie de les convaincre, ils tentent de bousculer nos certitudes. C'est tellement enrichissant.

 

Naturellement, à l'adolescence, le quotidien est également fait de conflits. Je ne te ferai pas croire que c'est le Pays de Candy, loin de là. Il y a des discussions très vives, des mots qui blessent, des portes qui claquent. Il y a souvent parfois des pleurs : généralement les miens, pleurs de colère, de dépit, d'inquiétude. Il y a le sentiment d'impuissance. Et puis la peur aussi. Peur du présent, lorsqu'ils commencent à sortir seuls. Peur de ce qu'ils pourraient faire et, encore plus, peur de ce que la vie pourrait leur faire. Et puis la peur de l'avenir, évidemment.

 

Mais quel bonheur de les voir devenir peu à peu de "jeunes adultes". Et quelle fierté de se dire qu'on est à l'origine de "tout ça".

 

Peut-être suis-je si sensible à cette période parce que je sais que c'est la dernière étape avant leur envol. Et que je veux en profiter au maximum.

 

medium_martinets_vol.jpg

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

bbflo 20/06/2010 00:45

Ah ben tout comme moi, alors ! l'adolescence est une période tellement riche...

Le Journal de Chrys 20/06/2010 00:44

Mes enfants ont 13 et 20 ans et je n'ai AUCUNE nostalgie de leurs jeunes années!!!! J'aime les voir grandir, les voir suivre leur propre chemin et s'affirmer!!! En aucune façon je ne regarde le passé la larme à l'oeil!!!!

bbflo 20/06/2010 00:44

Oh non, le but n'était pas de couper l'envie d'un petit. Si j'avais pu, j'en aurais eu un troisième. Et puis ça ne s'est pas fait.

bbflo 20/06/2010 00:44

Eh bien en fait tu résumes ce que je voulais dire "essayez de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide" !
Bien sûr ce n'est pas le nirvana tous les jours, et ça demande des efforts, mais globalement franchement, c'est une période très riche.

MissBrownie 19/06/2010 00:44

Avec ton billet, j'ai presque hâte que mes doudoux soient ado :-D
Et tu couperais presque mon envie de 3ème ;)