Caviardage

Publié le par Anonyme

Lizly nous initiait, dans son post "Atelier d'Ecriture", à différentes sortes de jeux que l'on peut faire à partir des mots et en donnait plusieurs exemples fort réussis. Et moi, comme une nouille que je suis, j'ai eu le malheur de dire que ça devait être sympa de faire ça. Ce qui devait arriver arriva, me voilà tagguée pour un caviardage. (Oui, c'est un peu barbare, comme terme).

 

En fait, le principe est assez simple. On part d'un texte, et en enlevant des mots et/ou des lettres, on en forme un autre.

 

 Voici le texte d'origine (ne pas se préoccuper du surlignage pour l'instant) :

 

« Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver »…

On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : « Aime-moi  ! » « Rêve ! » « Lis ! » «  Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire ! »

- Monte dans ta chambre et lis !

Résultat ?

Néant.

Il s’est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d’enviable. C’est par là qu’il s’est envolé. Pour échapper au livre. Mais cest un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre nous le trouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes monté à pas de loup, de la surface de son sommeil il nous aura entendu venir.

- Alors, ça te plait ?

Il ne nous répondra pas non, ce serait un crime de lèse-majesté. Le livre est sacré, comment peut-on ne pas aimer lire ? Non, il nous dira que les descriptions sont trop longues.

Rassuré, nous rejoindrons notre poste de télévision. Il se peut même que cette réflexion suscite un passionnant débat entre nous et les autres nôtres…

- Il trouve les descriptions trop longues. Il faut le comprendre, nous sommes au siècle de l’audiovisuel, évidemment, les romanciers du XIXe avaient tout à décrire…

- Ce n’est pas une raison pour le laisser sauter la moitié des pages !

Ne nous fatiguons pas, il s’est rendormi. »

PENNAC, Daniel. Comme un roman. Gallimard, Folio, 1992, 197 p.

 

Ce qui est surligné, c'est ce dont je me suis servie pour constituer "mon" texte, ça donne donc :

 

L'impératif ? Aversion qu'il partage avec quelques autres.

 

« Essaye »

« Allez »

« Je t'ordonne ».

« Monte dans ta chambre ».

« Lis »

 

Résultat ?

 

La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d'enviable. Par là, il s'est envolé, pour échapper à ces sommations.

 

Assis à son bureau, son père réalise. Ce serait un crime, de mal aimer ? Non... si... Questions, doute... cette réflexion suscite un débat en lui. Trouver...

 

Il comprend sa douleur. C'est une raison pour sauter.

 

J'ai pris quelques libertés avec le majuscules, les accents et la ponctuation, parce que franchement c'est un excercice ardu. Je suis plutôt satisfaite de ce résultat, bien qu'il soit imparfait.

 

Bon, je vous laisse, faut que j'aille acheter quelques neurones car l'exercice a tout pompé !

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Publié dans Plaisir d'écrire

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Commenter cet article

bbflo 09/07/2010 00:42

challenge intellectuel, marrant comme terme, mais c'est tout à fait ça... d'ailleurs je n'ai pas l'intention de renouveler l'expérience car c'est vraiment difficile et que je suis un peu feignasse sur les bords
:D

Gabrielle 04/07/2010 00:42

3 semaines après... (je suis TOUJOURS en retard)

J'aime beaucoup ce que tu as fait avec ce caviardage, beaucoup !
C'est un bon challenge intellectuel je trouve, cet exercice.

bbflo 24/06/2010 00:42

Je te confirme, c'est trèèèèèèès énervant. Moi c'est la fin qui m'a faite ramer, car je voulais finir légèrement différemment, mais soit ce n'est pas possible, soit je n'ai pas trouvé.

Laure 24/06/2010 00:42

J'ai essayé deux fois et ... j'y arrive pas, ça m'éneeeeeeeeeeeeerve!

bbflo 24/06/2010 00:42

Moi non plus, je n'avais jamais entendu parler de "caviardage" avant que Lizly ne l'explique dans son post.