souvenirs, souvenirs

Publié le par Anonyme

images.jpgPourquoi je pense à ma grand-mère, ce matin ?

Mes grands parents n'avaient rien, juste une misérable maison de 2 grandes pièces, les toilettes au fond du jardin. J'avais peur d'y aller car il y avait toujours des bestioles, là dedans. Et pourtant je n'ai que des souvenirs heureux de cette période. Le dimanche soir, lorsque mon père et ses frères rentraient de la chasse, nous mangions tous ensemble. De grandes tablées d'une quinzaine de personnes avec oncles, tantes, cousins, cousines, des chiens qui courent partout.

Dans le fond de la cour, un poulailler. Avec un coq irascible. Et des poules qui faisaient des oeufs dont le "jaune" était orange vif. Des clapiers avec des lapins et des furets qui mordaient.

Un énorme noyer. A la saison des noix, on avait tous les mains noires. Mais quel délice.

Et puis sur le côté de la maison, un immense jardin dont s'occupait mon père. J'ai passé des après-midi entiers assise entre les rangs de tomates, la salière à la main. Ma mère venait régulièrement me dire d'arrêter, que j'allais être malade à manger toutes ces tomates. Alors je me décalais de quelques mètres et je m'asseyais parmi les fraisiers. Et mon père, toujours taciturne, très musclé, torse nu, le bronzage noir qui bossait comme un bête dans ce jardin qui fournissait les fruits et légumes de toute la famille.

Il suffisait d'escalader le grillage pour être dans un petit bois. Et là, y'avait un cerisier dans lequel je grimpais, avec mes cousin(e)s. On y passait des heures et on ne répondait pas lorsque les adultes nous cherchaient.

Et puis les bleuets de ma grand-mère. Les fleurs, c'était sa passion. Moi, je n'aimais pas le coin des bleuets, c'était truffé d'abeilles et de bourdons.

Il n'y avait ni eau ni électricité.

Pour l'eau, il y avait le puits. A ciel ouvert, pas de système de sécurité. A l'époque, personne ne se posait de question. Les puits avait toujours été là et jamais un gamin n'était tombé, alors à quoi bon ? Et pourtant, j'en ai passé, des heures, assise sur la margelle à regarder le fond du puits. C'est terrifiant, le fond d'un puits, lorsqu'on a 5 ans. L'eau était claire, délicieuse et toujours fraîche. On la remontait avec un seau attaché à une corde. L'été, tous les hommes de la famille guettaient avec inquiétude le niveau de l'eau. La peur de manquer.

Bien sûr, pas de frigo. Une petite pièce toute noire et très fraîche servait à entreposer les patates, les oeufs. Et dans la pièce à vivre, il y avait un énorme poêle à bois sur lequel mijotaient en permanence des plats familiaux. Et instantanément me vient aux narines l'odeur du pot au feu. Pourquoi celle-là plus qu'une autre, mystère.

Et je me pose une question. Quels genres de souvenirs auront nos enfants ? Est-ce qu'on n'a pas perdu quelque chose d'essentiel au fil du temps ? de l'affectif, de l'humain... Je suis bien nostalgique, ce matin... 

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bbflo 08/03/2010 00:13

>ffmb : probablement, oui

ffmb 08/03/2010 00:13

les souvenirs seront là mais différents des notres voilà tout!

bbflo 07/03/2010 00:13

> Papillote : rien contre les tags, bien au contraire, mais en l'occurence, celui-ci j'y ai déjà répondu dans les commentaires de... ben je sais plus de qui...

papillote 07/03/2010 00:13

Je vois que tu aimes bien les souvenirs d'enfance... tu veux que je te tague ?

bbflo 07/03/2010 00:13

>Béala poizon : voilà, c'est malin, maintenant j'ai rendu tout le monde nostalgique... ah oui, je me souviens aussi chez mon arrière grand-mère quand il faisait beau on se lavait dehors dans un grand baquet en alu.