Allez, dis-le que je fais quand même un beau métier et que t'es jalouse
de ne pas avoir, comme moi, un accès illimité à la culture !
Allez, dis-le que je fais quand même un beau métier et que t'es jalouse
de ne pas avoir, comme moi, un accès illimité à la culture !
Nous avons été témoins d'une scène hallucinante.
Avant tout, il faut savoir que la partie "surface de vente" de notre magasin fait environ 50 m2. Aucun risque de s'y perdre, donc, il y a en tout et pour tout une petite allée centrale et deux autres allées, chacune d'environ 4 mètres de long.
Bref, un petit magasin de presse comme il y en a tant, on en fait le tour en un coup d'oeil.
Un homme d'environ 80 ans entre, téléphone portable à l'oreille.
Nous : Bonjour Monsieur...
Pas de réponse, il a l'air très concentré sur ce qu'on lui dit au téléphone.
Il se plante devant un rayon, et on l'entend dire : bon, chuis en face, sur quelle rangée, tu dis ? ... oui, je vois Modes & Travaux... à droite, tu dis ? ... hein ? ... non, je ne vois pas de revue bleue... au niveau de mes yeux ? ... ben nan, je ne trouve pas. Je vois bien "Couture facile", "Crochet facile" mais pas "Patchwork facile"... attends...
et là, victorieux, il brandit une revue... J'ai trouvé !!!
Vous le croyez ? Sa femme lui faisait un radioguidage par portable. Il n'est pas une seule seconde venu à l'idée de ce monsieur de nous demander le renseignement.
Moi je dis qu'il n'y a plus de vieillesse...
C'est l'Homme qui est en caisse. Heureusement, car je n'ai pas sa patience.
Il a face à lui un gars qui vient d'entrer pour la première fois dans notre magasin.
Le client : Je peux vous dire un truc ?
L'Homme : Oui, bien sûr
Le client : Je trouve HONTEUX que vous soyez fermés le dimanche.
L'Homme : Nous avons travaillé 7 jours sur 7 pendant des années, aujourd'hui nous estimons avoir droit à un jour de congé par semaine... vous savez, nous travaillons ma femme et moi 80 heures par semaine, c'est déjà bien.
Le client : Ah mais c'est pas mon problème !
L'Homme : Par ailleurs, le dimanche matin, en étant très très optimiste, on vendrait 50 Dépêche, ce qui représente à peu près 8 euros de gain... alors vous savez, pour gagner ça, franchement, on préfère rester à la maison !
Le client : Ben je sais pas, moi, vous trouvez quelqu'un pour tenir un kiosque sur le trottoir, bref, pour que les gens puissent avoir leur journal le dimanche.
L'Homme - toujours parfaitement aimable - réfléchit deux secondes puis, le sourire aux lèvres, lui dit :
Ben vous savez quoi, moi je vous propose de venir dès dimanche matin, de 8h30 à 12h30, et je vous rémunérerai un juste salaire, à savoir 8 euros. On fait comme ça ?
Je crois que ce client là, on l'a perdu, car il est parti vexé !
La même scène, 10 fois par jour - que dis-je, dix fois... cinquante fois, plutôt !
Le client / la cliente : Ils vous font des travaux, là, devant le magasin ?
A chaque fois, j'ai envie de répondre : Ben nan, tu vois bien que c'est le salon de la pelleteuse !
Sache, lectrice de mon coeur, que pour toi j'ai bravé tous les dangers car un zélé
ouvrier m'a interpelée. Il ne voulait pas que je fasse de photo.
Je l'ai gentiment envoyé bouler en disant que je faisais ce que je voulais
dans la mesure où y'avait personne sur ma photo !
Nanmého ! Du coup il a dit qu'il allait prévenir son chef.
Je les aime, les types dans ce genre-là !
NB : notre magasin, tu peux l'apercevoir,
tout à fait à gauche, avec la devanture bleue.
Petit florilège du vendredi 13
bbflo : vous n'avez pas mis le n° de la chance, donnez moi un chiffre entre 1 et 10.
la cliente : euh... entre 1 et 10 ?... TREIZE !
le client : sur la feuille, y'a écrit "cochez 5 numéros"... alors du coup, je coche 5 numéros, c'est ça ?
(ben nan, Ducon, ils ont écrit ça pour faire joli)
la dame : tenez, jouez-moi ça... d'toute façon, je vais perdre, c'est rien que des voleurs on gagne jamais...pis moi en plus j'ai jamais de veine... pfff...
(moi je dis que si ça t'emm*** à ce point de jouer, ben tu devrais arrêter !)
bbflo : un numéro de la chance entre 1 et 10, s'il vous plaît
le client : euh...
...
le client : j'hésite... 4... euh, non, attendez...
(dis donc, l'indécis, ça te dérange pas qu'il y ait la queue jusqu'à dehors ?)
...
le client : oh là là, je sais pas quoi prendre car ma fille
est née un 3 et mon fils un 9...
(épargne-moi ta vie privée, y'a du monde, accouche, BORDEL !!!)
...
le client : allez, le SEPT !
la cliente : voilà ma liste de numéros, vous pouvez me remplir mon loto, parce que je sais pas trop le faire ?
(ben voyons, c'est pas comme si j'avais la queue jusque sur le trottoir, ce sera avec plaisir... ah pis tu y'es pas allée de main morte, la feignasse, y'en a une pleine page... et tu veux pas que j'aille faire ton repassage, en plus ?)
le client : un briquet, svp !
bbflo : oui, à combien de grilles ?
le client : hein ? ! ...
(Comme quoi y'a pas que les clients qui débloquent, moi aussi, parfois !)
Et enfin mon petit papi préféré :
Ben si je gagne, promis, je vous emmène aux Caraïbes !
à qui j'ai répondu, en lui faisant un clin d'oeil :
Des promesses, toujours des promesses !
Au moment des fêtes - c'est
important pour la suite -
une jeune femme, la trentaine, entre dans le magasin.
Elle : Whaouhhhhh, elle est trop belle, la carte, là !
Moi : Euh... oui, très belle.
Elle : Nan, c'est parce que moi j'ai un yorkshire alors j'achète tout ce qui concerne les yorkshire.
Moi (ne sachant pas trop quoi dire, en fait) : Ah, c'est bien.
Et là, l'idée de (presque) génie !
Moi : Mais si vous voulez des cartes de yorkshire, j'ai aussi celle-ci. Elle est jolie, non ?
Sache, lectrice de mon coeur, que lorsque je dis que la carte est jolie, c'est purement
de l'hypocrisie du talent commercial. Car je n'aime pas ce genre de chien.
J'y peux rien, c'est comme ça, j'ai envie de leur...
nan, j'peux pas l'dire, si ça se trouve toi aussi t'as un york pis après tu vas me détester...
Elle : Rhooooooooo, d'enfer, faut que j'achète les deux !
...
Elle : Mais ça coûte combien ?
Moi : 2 euros 90 chacune.
...
Elle : Mince... ça fait trop pour moi de prendre les deux.
Moi : Ben vous en choisissez une et vous prendrez l'autre la prochaine fois.
Elle : Oui. Vous croyez que vous l'aurez toujours, en août ?
Moi : Vous voulez dire en janvier, je suppose ?
Elle : Nan, nan, en août !
Il y a une chose de bien, dans ce métier. C'est que même après des années
d'exercice, les gens nous amusent toujours !
Une mamie, de bonne heure, un lundi matin de janvier...
Z'avez qu'à voir si c'est pas un gouvernement à la con,
nous ont même augmenté le Télé Z !
Le client : Bonjour, je voudrais un paquet de... de...
Bbflo : oui ?
Le client : Un paquet de néwès... euh, néyès...
Bbflo : de quoi ?
Le client : de nouillousses... arghhh, j'arrive jamais à le dire... de néwousses... des...
Bbflo : c'est quoi, des cigarettes ?
Le client : oui ! des...
...
Bbflo : des news ?
Le client : oui !!!!!!!!!!! c'est ça, des néwousses !!!
M'étonneront toujours !